Semaine 10-2016

Une citation

« Qui veut faire quelque chose trouve un moyen.
Qui ne veut rien faire trouve une excuse. »

Proverbe oriental

 

Une image

Palourde croisée
Palourde croisée (Carantec, février 2009)

 

La Palourde croisée (Ruditapes sp.) est un animal du groupe des Mollusques bivalves appartenant à la famille des Vénéridés.

Elle est présente depuis la partie inférieure de la zone intertidale, alternativement couverte et découverte par la marée, jusqu’à une profondeur de dix mètres environ.
Elle fréquente les milieux meubles envasés, constitués de sable ou de gravier, dans lesquels elle vit enfouie à une profondeur de quelques centimètres sous la surface.

 

La Palourde croisée est reconnaissable aux caractéristiques de sa coquille.

Elle est constituée de deux valves semblables et est en conséquence qualifiée d’équivalve.

Chaque valve a une forme globalement ovale et possède un sommet courbé, orienté vers l’avant. Néanmoins le bord antérieur est nettement arrondi alors que le bord postérieur est plus rectiligne. Les valves sont donc inéquilatérales.
Leur longueur est le plus souvent comprise entre 40 et 50 mm, mais elle peut atteindre 75 mm,

La face externe des valves présente des reliefs : des côtes relativement hautes rayonnent du sommet vers le bord alors que des stries concentriques les croisent, parallèles au bord.
Ces ornementations dessinent un treillis à l’origine du nom vernaculaire de l’animal.

La couleur de fond est blanchâtre, jaunâtre, voire brun clair, souvent marquée de taches sombres.

La face interne des valves est en revanche lisse et claire, blanche ou jaune. Elle est marquée d’une empreinte palléale, trace de l’insertion du manteau, qui présente une indentation postérieure, le sinus palléal, correspondant à l’emplacement de siphons.

L’animal immergé entrouvre ses valves et déploie deux siphons, structures tubuleuses issues de la fusion et du développement des bords du manteau, repli du tégument (sa structure histologique est décrite dans la page Le manteau et la protection de Codex virtualis).
Leur organisation est l’un des critères permettant d’identifier les espèces de Palourdes croisées.

 

La Palourde croisée, comme les autres Mollusques bivalves vivant enfouis dans le sédiment ayant fait l’objet d’articles de Codex virtualis (la Scrobiculaire en semaine 17-2015, la Donace en semaine 46-2015 et la Coque commune en semaine 46-2015), se nourrit de particules en suspension dans l’eau de mer.

Elle en réalise la capture en filtrant l’eau à travers ses branchies, localisées dans la cavité palléale délimitée par le manteau.

Un courant d’eau parcourt la cavité palléale, généré par les battements des cils portés par les cellules branchiales. L’eau emprunte le siphon ventral, dit inhalant, pénètre dans la cavité palléale, traverse les branchies, puis sort par le siphon dorsal ou exhalant.

Les particules en suspension sont déviées par les cils des cellules des branchies lorsqu’elles entrent à leur contact. Elles sont progressivement acheminées vers le sillon alimentaire présent à l’extrémité libre des branchies et enrobées de mucus.
Elles sont alors amenées à la bouche puis ingérées.

En raison de ce mode de prise alimentaire, la Palourde croisée est qualifiée de microphage. Pratiquant la filtration de l’eau et retenant les particules en suspension, elle est également dite suspensivore.

 

La Palourde croisée est une espèce gonochorique. Elle comporte des individus mâles produisant des spermatozoïdes, et des individus femelles à l’origine d’ovules.

La reproduction intervient généralement du mois de juin au mois de septembre.

Mâles et femelles libèrent leurs gamètes dans l’eau de mer où a lieu la fécondation.
Elle donne naissance à des œufs.

Le développement embryonnaire se déroule au sein de leurs enveloppes et dure une quarantaine d’heures.

À son terme, l’éclosion libère des larves par rupture des enveloppes des œufs.
Caractéristiques du groupe, elles portent le nom de véligères en raison de la présence d’un voile cilié. Elles possèdent également une ébauche de coquille, constituée en l’occurrence de deux valves.

Elles mènent une vie planctonique pendant 25 jours environ, puis gagnent un substrat meuble où elles se transforment en individus juvéniles à la faveur d’une métamorphose.

La maturité sexuelle est atteinte après un an, la durée de vie pouvant atteindre dix ans.

 

Pour en savoir plus, consulter :

Aranda-Burgos J.A., Da Costa F., Novoa S., Ojea J and Martinez-Patino D., 2014 – Embryonic and larval development of Ruditapes decussatus (Bivalvia: Veneridae) : a study of the shell differentiation process. Journal of Molluscan studies, 80 (1) : 8-16 (adresse : http://mollus.oxfordjournals.org/content/80/1/8.full)
DOI : 10.1093/mollus/eyt044

le site Doris (Données d’observations pour la reconnaissance et l’identification de la faune et de la flore subaquatiques – Fédération française d’études et de sports sous-marins – adresse : http://doris.ffessm.fr)

et notamment

la fiche CONTI Cédric , MÜLLER Yves , LAMARE Véronique in : DORIS, 28/02/2015 : Ruditapes spp. (adresse : http://doris.ffessm.fr/ref/specie/1379 – consultée le 08 février 2016)

le site Marlin (The marine life information network – en anglais – adresse http://www.marlin.ac.uk)