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Le Nymphon gracile

 

Un curieux animal des côtes rocheuses

 

Nymphon gracile

Nymphon gracile dans son environnement (Roscoff, 2009)

 

Caché parmi les algues ou sous les rochers, se déplaçant lentement, cet étrange animal a de quoi surprendre !

Plan d’organisation

À quoi ressemble t’il ?

 

Nymphon gracile

Morphologie du Nymphon gracile (Roscoff, 2010 - N. Prunet)

Le Nymphon gracile (Nymphon gracile) mesure 1 à 2 cm et semble surtout formé de huit fines pattes. Une observation attentive montre qu’il est en fait constitué d’un corps grêle, composé de trois régions : un céphalon à l’avant, un tronc médian portant les quatre paires de pattes et un abdomen très réduit à l’arrière.

Nymphon gracile

Morphologie du Nymphon gracile (Roscoff, 2010 - N. Prunet)

Le céphalon est prolongé par une trompe caractéristique, à l’extrémité de laquelle s’ouvre la bouche. Ventralement, il présente trois paires d’appendices : des chélicères, des palpes et des ovigères. Chez la femelle, les ovigères sont impliqués dans le transfert des œufs au mâle et chez ce dernier, dans le transport des œufs.

Nymphon gracile

Céphalon et yeux du Nymphon gracile (Roscoff, 2010 - N. Prunet)

Le céphalon est relié au tronc par un court cou, qui porte un tubercule oculaire muni de quatre yeux (dorés sur l’image ci-dessus) grâce auxquels le champ de vision du Nymphon atteint les 360°.

Nymphon gracile

Morphologie du Nymphon gracile (Roscoff, 2010 - N. Prunet)

Le tronc est formé de segments marqués et relativement longs. Chacun développe latéralement une paire de prolongements au niveau desquels sont insérées les pattes articulées. Chez le Nymphon, comme chez la plupart des représentants de son groupe, le nombre de segments corporels et de paires d’appendices est de 4 ; il peut cependant être de 5 voire de 6 dans certains genres ou familles.

Nymphon gracile

Appendices du Nymphon gracile (Roscoff, 2010 - N. Prunet)

Les appendices du tronc sont formés de 8 parties et se terminent par des griffes. Ils ont une vocation locomotrice, ce sont des pattes ambulatoires.

 

Les chélicères, palpes, ovigères et pattes sont des exemples d’appendices. Ces structures sont des expansions paires, associées aux segments corporels. Dans le cas des Arthropodes, elles sont typiquement articulées, étant recouvertes de cuticule. Le terme Arthropode est une référence à cette caractéristique (étymologiquement, « arthron » désigne une articulation et « podos » signifie « patte »).

Pycnogonide

Morphologie des Pycnogonides (d'après Brusca R.C., Brusca R.J.)

L’aspect étrange de ces animaux est surtout dû à la disproportion entre la longueur des pattes, très importante, et celle du corps, limitée. Le nom du groupe auquel appartient le Nymphon y fait référence : le terme Pantopodes signifie en effet « tout en pattes » (étymologiquement « pan » signifie « tout » et « podos » signifie « patte »).

Les Pantopodes sont inclus dans un groupe dont le nom est aussi en relation avec les caractéristiques des pattes. Il reflète cette fois leur forme : les articulations sont nombreuses et puissantes. Le terme Pycnogonides s’y réfère, étymologiquement « pycno » signifiant « épais, fort » et « gonum » signifiant « articulation, genou ».

 

Enfin, le corps comprend un abdomen terminal, réduit, et portant l’anus à son extrémité.

Éléments de biologie

Où et comment vit-il ?

Les Pycnogonides sont exclusivement marins, de nombreuses espèces sont littorales.

Le Nymphon gracile évolue dans la zone de balancement des marées. Il se déplace en marchant sur un support mais peut également nager entre deux eaux.

Il est carnivore et se nourrit principalement d’Hydraires, petits animaux coloniaux, qu’il prélève et amène à sa bouche à l’aide de ses chélicères. La trompe peut contribuer à aspirer les proies. Le court œsophage qui lui succède s’ouvre dans un intestin très développé : il forme des expansions dans chacune des pattes ambulatoires, au niveau desquelles se déroulent la digestion et l’absorption des substances nutritives. Les substances non digérées sont évacuées par l’anus.

Colonie d'Hydraires

Un exemple de colonie d'Hydraires (Dynamena pumila - Roscoff, 2011)

La trompe est également appelée proboscis. Elle contient le pharynx, première portion du tube digestif, impliqué dans l’aspiration des proies et également dans leur dilacération grâce aux plaques de chitine, dures, qu’il porte.
La digestion est le fait de l’intestin ; essentiellement intracellulaire, elle est réalisée par des cellules phagocytaires qui transfèrent les nutriments aux cellules sous-jacentes. Certaines se détachent de la paroi intestinale, circulent dans la lumière, phagocytent des particules nutritives puis ré-intègrent la paroi digestive. Elles pourraient être impliquées dans l’excrétion, absorbant et accumulant des déchets avant de se détacher puis d’être éliminées par l’anus.

 

 

Cet animal original ne possède ni appareil respiratoire, ni appareil excréteur spécialisés. Les échanges de gaz respiratoires et l’élimination des déchets sont sans doute réalisés directement à travers la surface corporelle. En revanche, un appareil circulatoire est observé, représenté par un cœur dorsal percé d’orifices, qui assure la mise en mouvement du liquide corporel.

Chez le Nymphon gracile, comme chez les autres Pycnogonides, les sexes sont séparés. Femelles et mâles se distinguent par le développement des ovigères, plus important chez le mâle.

 

La femelle produit des gamètes qu’elle accumule dans ses pattes ambulatoires. Elle expulse ces ovules par des orifices situés à leur base et le mâle les féconde au fur et à mesure de leur libération.

Le mâle récupère alors les œufs et les fixe sur ses ovigères, les enduisant d’une sécrétion adhésive produite par des glandes situées sur ses pattes ambulatoires. Selon les espèces, il les porte jusqu’à leur éclosion, voire au-delà. L’éclosion libère dans de nombreux cas une larve vivant en parasite sur des colonies d’Hydraires. Après plusieurs mues, la larve devient un juvénile.

Nymphon gracile mâle

Nymphon gracile mâle portant des œufs (Roscoff, 2005)

Chez les Pycnogonides, il ne faut pas se tromper : observer un individu portant des œufs revient à observer un mâle !

 

Chez ces animaux, l’autotomie est fréquente, et le pouvoir de régénération important.

 

Pour en savoir plus sur les Pycnogonides

consultez les ouvrages

Beaumont A., Cassier P., 1983 – Biologie animale, des Protozoaires aux Métazoaires épithélioneuriens. Tome 2. Dunod, 979p. Paris

Brusca R.C., Brusca G.J., 2002 – Invertebrates. Sinauer associates, 936p., Sunderland (USA)

Grassé P.P. (sous la direction de), 1949 – Traité de zoologie. Tome VI. Onychophores, Tardigrades, Arthropodes, Trilobitomorphes, Chélicérates. Masson, 979p. Paris

 

consultez le site

PycnoBase (adresse http://www.marinespecies.org/pycnobase)

 

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