Codex virtualis
Qui sont ils ?
En-tête
Calendrier
mai 2019
L M M J V S D
« Avr    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  
Archives

Le panache et la filtration

 

La Sabelle (Sabella pavonina) est un animal évoluant dans les herbiers côtiers, à l’intérieur du sédiment. Elle appartient à la faune endogée ou endofaune.
Sédentaire, elle vit à l’intérieur d’un tube qu’elle produit. Elle est qualifiée de tubicole.

Espèce suspensivore, la Sabelle se nourrit en filtrant l’eau de mer grâce à un panache de tentacules. Elle capture ainsi les particules flottant dans l’eau, qui composent son alimentation.

La page Au menu de la Sabelle du Cabinet de curiosités virtuel et l’article de la semaine 37-2014 de Codex virtualis sont consacrés à cette espèce.

 

Le sommet du panache : des tentacules libres

 

Panache de Sabelle

Coupe transversale du panache de la Sabelle

Voir l’image légendée

 

Le panache de la Sabelle est composé de multiples tentacules qui, déployés, constituent une couronne en forme d’entonnoir. Elle est composée de deux lobes, au sein desquels les tentacules sont insérés selon une spirale lâche.

Au sommet du panache, les tentacules sont libres.
Chacun apparaît formé d’un axe creusé d’un sillon sur sa face interne, et porte de part et d’autre une succession de fines expansions appelées pinnules, orientées vers le cœur de la couronne.

 

Panache de Sabelle

Coupe transversale d'un tentacule de la Sabelle

Voir l’image légendée

 

L’axe des tentacules est délimité par un épithélium de revêtement simple, prismatique à cubique, recouvert d’une fine cuticule. Au niveau du sillon, les cellules épithéliales sont ciliées et quelques cellules glandulaires muqueuses sont intercalées.

Le cœur de l’axe des tentacules est occupé par un tissu de soutien de nature cartilagineuse. Il est constitué d’une abondante matrice extracellulaire dans laquelle des cellules dispersées, les chondrocytes, sont localement présentes.
Ce tissu entoure de volumineuses cellules vacuolisées, organisées en files longitudinales et correspondant également à des chondrocytes.

En position interne par rapport au tissu de soutien court un vaisseau sanguin longitudinal surmontant une cavité cœlomique, remplie de liquide et dont la paroi comporte quelques cellules contractiles.
Deux nerfs longitudinaux sont en outre présents de part et d’autre de la cavité cœlomique.
Le déploiement du panache de tentacules est en particulier dû à une augmentation de la pression exercée sur le liquide contenu dans les cavités cœlomiques.

Cette organisation incluant tissu de soutien cartilagineux, vaisseau sanguin et nerfs longitudinaux, définit les radioles, le terme tentacule n’ayant qu’une signification morphologique.

Le sillon creusé sur la face interne de l’axe des tentacules est étroit au fond et plus large en surface. Cet agencement permet le tri, en fonction de la taille, des particules captées par le panache : les petites particules atteignent le fond du sillon, les particules de taille moyenne restent dans sa partie supérieure, et les plus volumineuses n’y pénètrent pas.
Le devenir des particules est déterminé par ce tri : les plus petites sont ingérées alors que les particules moyennes sont incorporées au tube et les plus grosses éliminées.
Les battements des cils du sillon assurent le déplacement des particules vers la base des tentacules, le mucus produit par les cellules glandulaires contribuant à leur agglomération.
En conséquence, le sillon prend le nom de sillon trophique longitudinal.

 

Pinnule de Sabelle

Coupe transversale d'une pinnule de tentacule de la Sabelle

Voir l’image légendée

 

Les pinnules sont bordées par un épithélium simple, cubique à prismatique, cilié.
Côté externe, les pinnules sont convexes et portent une courte ciliature, qualifiée d’abfrontale. Côté interne, elles sont creusées d’une légère dépression ornée d’une ciliature courte dite frontale, et ourlée de longs cils latérofrontaux.

Les battements ciliaires sont responsables de la mise en mouvement de l’eau entourant le panache : ils sont à l’origine d’un courant traversant la couronne de tentacules de l’extérieur vers l’intérieur et de bas en haut, entraînant les particules en suspension.
Lorsqu’une particule entre en contact avec les cils latéro-frontaux, elle est déviée par leurs mouvements vers la dépression interne de la pinnule, où elle est prise en charge par les cils frontaux.
Leurs battements acheminent la particule vers le point d’insertion de la pinnule sur l’axe du tentacule où elle rejoint le sillon trophique longitudinal.
Des microcourants dus aux battements des cils frontaux, latérofrontaux et abfrontaux parcourent ainsi les pinnules, entraînant les particules apportées par le courant général qui traverse le panache.

 

La base du panache : des tentacules joints et des lèvres dorsales

 

Panache de Sabelle

Coupe transversale du panache de la Sabelle (base)

Voir l’image légendée

 

Panache de Sabelle

Coupe transversale du panache de la Sabelle (base)

Voir l’image légendée

 

Panache de Sabelle

Coupe transversale du panache de la Sabelle (base)

Voir l’image légendée

 

À la base du panache, les tentacules de chaque lobe sont reliés entre eux.

Les marges dorsales des lobes développent des expansions orientées vers le cœur du panache, et en continuité avec les radioles dorsales. En forme de lamelles, localisées entre la base des lobes et le bord dorsal de la bouche, elles correspondent aux lèvres dorsales.

Encadrant partiellement la bouche en position dorsolatérale, les lèvres dorsales portent une ciliature et sont impliquées dans l’orientation des particules captées par le panache.
L’épithélium les délimitant présente des caractéristiques différentes sur les face externe et interne : côté externe, les cellules qui le composent sont prismatiques, hautes, munies de cils longs et nombreux, contiennent des granules de pigments, sont recouvertes d’une cuticule bien visible, alors que côté interne elles sont plus basses, leur ciliature est moins développée en longueur et en densité et la cuticule est très fine.

 

Pour en savoir plus :

Capa M., de Mastos Nogueira J. M. and Cappellani Silva Rossi M., 2011 – Comparative internal structure of dorsal lips and radiolar appendages in Sabellidae (Polychaeta) and phylogenetic implications. Journal of morphology, 272 : 302-319 (adresse : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/jmor.10914/abstract)
DOI : 10.1002/jmor.10914

la page Au menu de la Sabelle de la rubrique Cabinet de curiosités virtuel de Codex virtualis, consacrée à la morphologie du panache de tentacules

la fiche espèce consacrée à Sabella pavonina du site DORIS-FFESSM (Données d’observations pour la reconnaissance et l’identification de la faune et de la flore subaquatiques – consulté le 14 juillet 2015)
FEUGAS Marie-Pierre, SCAPS Patrick, LAMARE Véronique, in : DORIS, 15/8/2014 : Sabella pavonina Savigny, 1822 (adresse : http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=605)

Turquier Y., 1989 – L’organisme dans son milieu. 1. Les fonctions de nutrition. Doin, 315p. Paris

Turquier Y., Loir M., 1981 – Connaître et reconnaître la faune du littoral. Ouest France, 332p. Rennes

 

Pour d’autres images de la structure histologique du panache de la Sabelle

album d’images de la Sabelle dans la rubriques Délices histologiques de Codex virtualis

 

Portraits

Images et poésies


Albums d’images

Biodiversité urbaine
Le Souci

 

 

 

 

 

Délices histologiques
Panache de la Sabelle

À visiter

Des fleurs à notre porte